15 mai 2010

Je coache, nous coachons, ils coachentpar Danielle Lapointe, PCC

Manque  d’humilité, peur d’être associée à une représentation fausse de ce qu’est  exercer une profession de coach…, il m’arrive d’être heurtée par le mot coach  entendu parfois, souvent et à l’infini comme un mot devenu à la mode et répété  en pure perte de sens.

En  quoi est utile cette montée d’humeur?

Hum…en  vue de contribuer à une réflexion identitaire.

Nous  le savons, le « coaching » est une profession en émergence.  En ce sens, elle s’inscrit dans un processus  de professionnalisation.  Sommes-nous,  comme coach membre de la FICQ, véritablement dans un processus fondateur d’une  profession de coach ou ne sommes-nous que participant à un courant, à une  tendance?

Pour  des fins de compréhension et de clarté, divisons le processus de  professionnalisation en 4 grandes têtes de chapitres tout en sachant que le  processus est aussi une interaction entre différents acteurs,  entre différents courants de pensée et qu’il  est influencé par son environnement.   La  profession de coach est une belle illustration de cette interaction :  issue à la fois des théories du management, de la psychologie moderne, de la  pensée systémique etc., elle crée son propre paradigme.

La formation, la pratique, l’éthique et la communauté

    1. La  formation.

La formation repose  sur des savoirs spécifiques, normalement scientifiquement fondés, et sur des  compétences définies. Le corpus des connaissances nécessaires est validé par  les membres « certifiés » de la profession afin de procurer un cadre de  référence rigoureux. Pour les membres de la FICQ, l’International Coach Federation  est l’instance qui accrédite les programmes dispensés par les écoles de  coaching.  Au Québec, quatre écoles ont  des programmes accrédités.  De plus, l’International  Coach Federation certifie ses membres.   La certification valide  la compétence des individus et encourage le  développement continu.

Dans la formation  du coach soulignons également le volet du savoir-être que nous pourrions nommer  la posture du coach.  C’est un  constituant fondamental du coaching.   Cette base est retrouvée dans les compétences.

La formation  continue enrichit, renouvelle et permet l’approfondissement de nos connaissances.  Elle développe et consolide nos compétences.

    1. La  pratique

Les membres d’un  groupe professionnel font le choix de certains types d’activités et identifient  des attitudes qui les distinguent des autres groupes professionnels.

En quelque sorte,  nous contribuons à définir un modèle et un certain territoire de pratique. Le  modèle guide nos expériences comme nos expériences font évoluer le modèle  surtout dans un contexte d’émergence. 

    1. L’éthique

L’éthique  vient encadrer la pratique afin de protéger à la fois le coach et les clients  d’une pratique non appropriée.  L’éthique  est basée sur des valeurs, des normes d’intervention, ainsi que sur une  relation balisée avec notre client.

Le code de  déontologie et les règles d’éthique de référence pour les membres de la FICQ  sont ceux de notre fédération (International Coach Federation)

    1. La  communauté

La  communauté est notre réseau d’appartenance et de référence en termes de  représentation sociale et de reconnaissance d’un certain statut.  Elle a un rôle d’orientation, de  structuration et de promotion de la profession.   Elle génère une certaine convergence d’idées et de préoccupations en  regard d’un objectif commun à atteindre.   Le sens de notre communauté se retrouve dans sa mission : « Promouvoir le coaching au Québec en offrant aux  coachs de tout le territoire [ …], des lieux d’échanges, de ressourcement et de  professionnalisation et œuvrer à la reconnaissance publique de la profession de  coach »

En  bref, voilà les paramètres objectifs qui tracent le chemin de la  professionnalisation.  Cependant il y a  aussi et surtout des sujets, qui sont les coachs. Notre profession, tout en  étant le résultat d’un processus continu, dépendra aussi de nos parcours  individuels et de nos interactions.  

Cela  m’amène à réfléchir sur notre participation.   Au-delà de notre identité personnelle-professionnelle, la construction  de notre identité collective exige de chacun de nous un engagement.  L’enjeu est celui d’un statut  professionnel.  Avant de réclamer un  ordre professionnel et un titre réservé nous devons développer notre  spécificité et notre crédibilité et sortir de l’épiphénomène.

4 clés :

Une formation initiale et une  formation continue   Une pratique rigoureuse   Une éthique respectée et  exemplaire   + Une  implication dans sa communauté pour co-créer notre singularité et atteindre  notre objectif de reconnaissance de notre profession.

Chers collègues coachs, ayez  du plaisir dans votre pratique! C’est avec plaisir que nous nous croiserons  dans les activités de la FICQ.

 

Je  remercie Sylvie Guignon, doctorante en Sciences de l’éducation de l’Université  Laval de m’avoir fourni des articles sur la sociologie des professions et  l’identité professionnelle.

Danielle Lapointe, PCC PCC